Après Alep, le compte à rebours…

Les deux articles qui suivent sont anciens mais aident à mieux comprendre le basculement stratégique depuis la victoire de l’état syrien à Alep. Les rapports de force ont changé au profit du « Front de la résistance », il ne reste plus à l’alliance des perdants (Arabie des Al Saoud, Turquie et entité sioniste) qu’à créer encore plus de troubles en renforçant leur soutien aux multiples gangs terroristes qu’ils ont installés pour ralentir l’avancée de l’armée syrienne.

Quelle leçon tire Israël de la victoire de la Résistance à Alep ?

Israël rechigne désormais à déclencher une nouvelle guerre contre le Liban, guerre qui aurait pour objectif de changer le rapport de force en Syrie et, au-delà, dans la région. C’est un fait que les officiels israéliens ne cessent de répéter dans leurs analyses et commentaires. À cette « apathie » inhabituelle du régime usurpateur, il n’existe qu’une seule raison : la bataille d’Alep et ses acquis.

Dans la foulée des victoires successives de la Résistance en Syrie et surtout à Alep, l’ancien ministre israélien Moshe Arens, célèbre pour ses théories stratégiques, reconnaît l’incapacité d’Israël à réaliser ses objectifs. Le journal libanais Al-Akhbar revient sur les propos de ce général et écrit : « Israël aurait bien renoncé à deux choses : les opérations préventives contre le Hezbollah et les efforts censés empêcher le Hezbollah d’exploiter son potentiel militaire. »

Cité par Al-Akhbar, Arens explique la raison de l’impuissance israélienne face au Hezbollah : l’intérieur même d’Israël, où les Israéliens ne pourront jamais supporter l’avalanche des missiles du Hezbollah. C’est un constat désespérant pour ceux qui défendent l’idée d’une intervention militaire directe d’Israël contre le Hezbollah. Le journal libanais souligne l’importance de ce constat, puisque son bien-fondé est approuvé à la fois par les autorités politiques et sécuritaires.

Arens est convaincu qu’après la Syrie, où la Résistance a montré avec brio de quel bois elle est faite, aucune opération préventive contre la puissance balistique du Hezbollah ne pourra être couronnée de succès: « Toute intervention contre l’arsenal du Hezbollah nous coûtera trop cher, puisque la profondeur stratégique israélienne est en jeu. Quelques bombes contre le Liban auraient pour conséquence que des missiles soient tirés contre les villes israéliennes. »

Dans une seconde phase, Arens revient sur le concept de l’équilibre de la terreur : « Pendant la Guerre froide, ce concept a permis qu’un certain équilibre dissuasif soit établi entre les deux camps. Chacune des parties était à même d’empêcher l’autre d’agir, rien qu’en se référant à ce principe. Mais dans le cas du Hezbollah, Israël ne peut pas trop compter sur ce principe, car le Hezbollah n’est pas le régime soviétique. Ses combattants ont une foi d’acier et croient fermement à ce qu’ils font. Ils sont sûrs de leur victoire finale. En 2006, les raids israéliens n’ont pas empêché le Hezbollah de tirer ses missiles comme cela d’ailleurs a été le cas pour le Hamas et le Jihad islamique par la suite. »

Al-Akhbar ajoute : « Il semble qu’Arens et, au-delà de lui, Israël ont fini par reconnaître la puissance militaire du Hezbollah, une puissance qui de l’aveu d’Arens est capable de vaincre ‘le Dôme de fer’ et les Hitz (missile israélien). »

Et Arens d’ajouter : « Israël est donc contraint d’opter pour des solutions pas trop simples. » Selon Al-Akhbar, par solution pas trop simple, Arens entend le soutien d’Israël aux groupes takfiristes en Syrie. Mais face à la défaite de ces derniers à Alep et bientôt dans la Syrie tout entière, Israël va encore devoir changer de solution…

Source : Quelle leçon tire Israël de la victoire de la Résistance à Alep?

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Après la libération d’Alep , Israël n’y a plus de choix efficace contre le Hezbollah

Dans toute la guerre qui tourne en Syrie, Israël n’a d’yeux que pour le Hezbollah. Censée en cas de défaite l’affaiblir, le neutraliser ou le divertir, sans impliquer Israël directement, c’est tout le contraire qui a lieu en cas de victoire.

Devant l’exploit réalisé avec la libération d’Alep, de nombreux analystes et expert israéliens ne voient désormais plus aucun moyen pour affaiblir le Hezbollah.

al-manar-moshe-arensL’un des plus importants théoriciens israéliens, l’ancien ministre de la sécurité Moshe Arens est de cet avis. Selon lui, ni une opération militaire préventive contre les capacités du Hezbollah, ni les tentatives de le dissuader de les consolider n’y feront rien.

Dans les deux scénarios, il arrive à la conclusion que la rentabilité sera limitée, et à la problématique de l’impréparation du front interne face à l’arsenal balistique du Hezbollah.

Ceux qui misent sur une intervention israélienne militaire directe seront, d’après Arens, bien déçus, rapporte le Haaretz. Ce qui explique l’hésitation des deux institutions politique et militaire israélienne.

L’approche de cet expert relève de l’évaluation opérationnelle stratégique qui imprègne fortement des décideurs sur les plans politique et militaire à Tel Aviv.

Concernant l’opération préventive contre les capacités balistiques du Hezbollah, Arens s’explique : « il est raisonnable de supposer qu’une telle opération ne parviendra pas à neutraliser tout l’arsenal du Hezbollah ». Cette conclusion est l’équivalent d’un aveu selon lequel les capacités du Hezbollah qu’Israël ne parviendra pas à éliminer seront assez suffisantes pour frapper la profondeur stratégique d’Israël.

C’est la raison pour laquelle le plafond des ambitions israéliennes de paralyser le Hezbollah en cas d’offensive israélienne a réellement baissé.

Selon Arens, l’équation de dissuasion bilatérale qui s’est avérée efficace durant la guerre froide entre les États-Unis et l’Union soviétique n’a pas réussi avec le Hezbollah, en raison de ses capacités de résistance et « de sa confiance en la victoire finale », selon ses termes.

L’expert israélien a également révélé l’importance de l’éveil des consciences que le Hezbollah a réalisé à travers la victoire de 2006 en disant que « la dissuasion israélienne n’a pas empêché le Hezbollah de lancer des missiles durant la seconde guerre du Liban ».

Comme elle n’a pas empêché le Hamas et le Jihad islamique non plus de le faire durant la guerre de Gaza.

Quant à la menace israélienne de détruire une grande partie du Liban pour dissuader le Hezbollah, Arens la considère comme une partie de l’équation, tout en qualifiant de problématique la possibilité qu’Israël dissuade le Hezbollah.

« La destruction dont il est question de la part d’Israël pourrait très bien provoquer une riposte de la part du Hezbollah via des frappes stratégiques dont l’efficacité pourrait de loin dépasser tout ce qu’Israël a connu durant son histoire », fait-il remarquer.

Selon lui, le facteur essentiel pour faire avorter toute tentative de mener une guerre préventive et pour dissuader le Hezbollah de riposter, consiste dans le fait qu’Israël admette que ce dernier a la capacité de bombarder ses profondeurs.

C’est la raison pour laquelle Arens évoque dans l’introduction de sa recherche, l’impréparation du front interne, en se basant sur le rapport du contrôleur de l’État et l’attribue à la quantité énorme des roquettes chez le Hezbollah. Ce qui rend impossible de fournir des abris aux 8 millions d’habitants, sans oublier le sort de l’infrastructure, des usines, et des autres installations..

S’agissant de l’efficacité des systèmes d’interception de missiles, «Dôme d’acier», « Fronde David» et « Hetz » (ou Arrow), Arens a reconnu qu’ils ne sont pas en mesure de fournir un parapluie qui puisse protéger toutes les zones que peuvent viser les roquettes du Hezbollah. Il a mis de l’avant la capacité des attaques balistiques intensifiées du Hezbollah à pénétrer ces systèmes, dans le sens que l’efficacité de ces derniers serait désactivée devant la densité balistique activée contre eux.

A la lumière de ce diagnostic, Arens conclut en misant sur une seule option pour Israël : celle d’une pression internationale destinée à démanteler l’arsenal balistique du Hezbollah. Il s’interroge toutefois si cette question intéresse la communauté internationale à ce stade. Il conclut ses travaux de recherche en avouant qu’ «Israël est forcé de chercher parmi des choix qui ne sont pas si simples pour lui».

Indirectement, Arens révèle à quel point Israël a parié sur la victoire des groupes terroristes armés en Syrie comme étant le choix stratégique alternatif auquel il a eu recours, pour réaliser ce qu’il a échoué de faire face au Hezbollah.

Traduit du journal al-Akhbar

Source : Après la libération d’Alep , Israël n’y a plus de choix efficace contre le Hezbollah

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