Boulevard Marine Le Pen

Le Monde réel, comme l’économie réelle, à force de l’ignorer surprend ceux qui feignent de croire qu’il n’existe plus, qu’il faut le remplacer pour ressembler à celui qu’ils espèrent correspondre à leurs lubies. Mais il finit inéluctablement par fracasser ceux qui l’ignorent. Donald Trump a réveillé le « petit peuple » américain pour obtenir aux États Unis, avec son élection à la magistrature suprême, l’équivalent de l’ « Amexit ». Le peuple britannique a rejeté l’Union Européenne, ce fut le « Brexit ». Quant au peuple italien, il a humilié Matteo Renzi, le représentant de la caste oligarchique financière, dans une sorte de mini sondage concernant l’Union Européenne qui s’apparente à un « Italexit » en puissance.

Par M.C.BELAMINE

Le système oligarchique mondial ne voit pas le Monde se transformer. Pourtant, il va échec sur échec. L’idéologie mondialiste se meurt de sa plus belle mort. En Europe, ils sont plusieurs pays à bientôt s’engouffrer dans la faille qui devient béante du « sauve qui peut » général d’autant qu’à l’inverse de toutes les prévisions pessimistes des oiseaux de mauvaise augure, une embellie économique est constatée en Grande Bretagne depuis le Brexit. Les Pays Bas, la Suède, le Danemark, la République Tchèque, la Finlande, la Hongrie, la Pologne mais également l’Italie, l’Espagne, la Grèce et l’Irlande qui sera impactée par le Brexit. Tous ces pays ne sont plus très loin de la sortie de l’Union Européenne. Leur exit de l’Union oligarchique est plus proche qu’on ne pourrait le croire. Les peuples européens n’en peuvent plus des politiques économiques, sociales et sociétales les étouffant.

En France, les élections présidentielles sont le rendez-vous historique qui pourrait mettre un terme définitif à la politique mondialiste néoconservatrice destinée à l’origine à célébrer la superpuissance mondialiste américaine, leader d’un monde écrasé et mis à ses pieds. C’est ce que l’élite oligarchique a rêvé tout haut depuis la fin de l’Union soviétique avec la chute du mur de Berlin. Cela s’est traduit par une série de guerres destructrices qui ont participé du même projet : mettre le monde en coupes réglées pour le plaisir et le bonheur des castes dominantes à Washington, Tel Aviv, Londres, Paris et Berlin entre autres.

Mais le couac britannique puis américain et encore italien a engendré une nouvelle musique. Elle se propage à travers le monde et ses représentants aujourd’hui en Russie et en Chine avec les BRICS, en Iran, en Syrie, en Algérie, au Venezuela et ailleurs, ces défenseurs des souverainetés nationales, impriment une autre musique, celle de la libération des peuples du joug de la finance mondialiste. Tous les yeux se braquent aujourd’hui en direction de la France. Paris est devenu le centre du monde. Le point de bascule de l’avenir des équilibres mondiaux. Les élections présidentielles françaises pourraient clore définitivement le chapitre du « néoconservatisme » destructeur. Et le seul projet qui terrifie l’oligarchie mondialiste reste incontestablement celui du Front National porté par la candidate Marine Le Pen.

Des média trop partisans !

Marine Le Pen au salon agricoleEn effet, dans la vraie vie, la marche en avant de Marine Le Pen ressemble à une lame de fond à laquelle rien ne résiste. Elle reste la seule candidate réellement crainte par le système oligarchique financier car portée par un mouvement populaire à l’ancienne. Un public convaincu et des prestations de plus en plus convaincantes devant une « médiasphère » qui bredouille et n’arrive plus à faire comme elle le faisait avec son père, le pousser à la faute par des déclarations montées en épingle.

L’expérience des média traditionnels ou « mainstream » qu’a cumulée Marine Le Pen a vacciné la candidate très offensive lors de toutes ses interventions, capable de retomber sur ses pieds même mise en difficultés, avec un discours rodé et plus clair. Elle a, en effet, l’avantage de la virginité de la chose publique. Ses mains n’ont jamais porté le sceau du pouvoir. A l’inverse de ses adversaires, tous à des degrés divers, liés aux échecs dont souffre le peuple français. Tous ont des « casseroles » qu’il est difficile de ne pas voir. Le premier des opposants à Marine Le Pen, François Fillon, est éreinté par le système médiatique et judiciaire. Une mise à mort programmée pour le rendre « impotent ».

Fillon était le seul à pouvoir l’emporter, sans coup férir, en raison de la méfiance d’une partie de la société française vis-à-vis du Front National, après des années de diabolisation systématique. Du moins c’est la thèse qui expliquerait la violence de la tentative de mise à mort politique du candidat Fillon. La société française étant majoritairement de droite et toujours accrochée, dans son ensemble, à l’idée de l’importance de la famille traditionnelle, ce qu’ont tenté de détruire les socialistes au pouvoir pendant cinq ans. Entre mariage pour tous, GPA, PMA et théorie du genre, le français ne veut plus de ces socialistes dont le programme est passé de l’équité économique à la transformation du genre humain. Et lorsque l’on y ajoute les échecs répétés du modèle économique défaillant ne produisant qu’inégalité, injustice et perte de pouvoir d’achat, le socialisme en France prend le chemin de la disparition.

Mais la chute programmée de François Fillon devait s’accompagner de l’émergence d’un candidat providentiel, une sorte de Messie sauveur, vierge de toute tache infamante. C’est ce que devait incarner Emmanuel Macron au prénom prédestiné pour ceux qui veulent y voir un signe du destin et un clin d’œil adressé à une partie de l’électorat encore attachée à une forme de spiritualité. Alors forcément E.M. c’est aussi En Marche! Mais Macron, membre du parti socialiste de 2006 à 2009,  reste, malgré tous les subterfuges utilisés pour rendre l’électorat aveugle, l’enfant naturel de l’oligarchie financière et du socialisme dévoyé, une « mixture » entre Rothschild le banquier et Hollande le politicien.

Ce ne sont certainement pas ses soutiens déclarés qui le démentiront. Entre Jacques Attali, Pierre Bergé, Alain Minc, Daniel Cohn-Bendit, Bernard Kouchner, Paul Giaccobi, Patrick Braouezec (ancien maire PCF de Saint Denis), François Bayrou, Bertrand Delanoé et les représentants de l’Union Européenne Guy Verhofstadt, Moscovici ou Hogan, ce sont différentes personnalités, dites de droite, du centre ou de gauche (un melting pot politique!) mais plus sûrement sans véritables convictions si ce n’est le triomphe d’une nouvelle forme de « néoconservatisme » ou de Libéralisme libertaire. Nous sommes en plein auberge espagnol !

Quant aux média, ils ne sont pas en reste. Leur soutien trop apparent dessert plus qu’il n’aide le candidat censé être celui de la rupture. Christophe Barbier agit en VRP  tout comme le magazine qu’il dirige L’Express. L’OBS, Paris-Match, les Echos et bien d’autres en font de même.

Un candidat en « carton » ?

1-92-b8a9cLa seule expérience politique du candidat mondialiste est intimement liée à François Hollande, le président le plus contesté de la cinquième République avec un bilan économique catastrophique porteur de l’idéologie de « la dérégulation à outrance ». Il a été deux ans un Conseiller économique influent à la Présidence française puis deux autres années ministre de l’économie en remplacement d’Arnaud Montebourg qui refusait de céder certains joyaux de l’économie française à l’étranger, tels SFR, Alstom (sa branche énergie, soit 70% de ses activités) ou l’aéroport de Toulouse. Il est donc directement responsable de choix économiques contestés.

Jacques Sapir, l’expert en économie, raconte mieux le candidat de la mondialisation en parlant de « désastre économique » à propos de la politique économique de François Hollande dont Macron fut l’inspirateur « tout d’abord en tant que son conseiller pour l’économie puis en tant que ministre. Une politique qui, rappelons-le, s’est traduite par une forte hausse du chômage, venant après celle provoquée par la politique de François Fillon. Ensuite, une politique de soumission aux intérêts allemands dans le cadre de l’Union européenne. » Les résultats ce sont, entre autres, près de 500.000 chômeurs de plus !

Sapir reproche à Macron une politique que l’on nomme « l’Ubérisation de la société, et qui aboutit à étendre le statut d’entrepreneur individuel mais non pour favoriser des activités nouvelles ; au contraire, c’est une forme généralisée de sous-traitance individuelle que l’on veut favoriser, forme qui émiettant les travailleurs les rend plus vulnérables et plus démunis face à leurs donneurs d’ordres» Et pour l’expert, « le programme d’Emmanuel Macron est une farce : sur les 38 pages de ce dit programme, 11 sont des photos avantageuses du candidat. Mais son projet existe bel et bien, et l’on a rarement vu de projet aussi régressif pour l’immense majorité de la population en France. »

Quant à Henri Sterdyniak, le directeur du département Économie de la mondialisation de L’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), il juge que le programme politique d’Emmanuel Macron « s’inscrit dans la continuité » du gouvernement socialiste actuel, mais « va dans le même sens » que le projet de François Fillon, « c’est-à-dire qu’on réduit les dépenses publiques, on réduit les impôts sur les entreprises les plus riches et on flexibilise le marché du travail. Cela ressemble beaucoup au programme de François Hollande, ce n’est un programme de rupture ni dans un sens ni dans l’autre. C’est moins violent que le programme de François Fillon mais, en même temps, il va dans le même sens. »

Le verdict de Sterdyniak est sans appel, « c’est la logique libérale, avec un peu de mesures sociales. C’est un mix entre le programme de François Hollande et celui de François Fillon. » En gros, les deux experts disent quasiment la même chose : Macron c’est du vent que l’on veut vendre aux français, autrement dit le « changement dans la continuité » ! Il est par ailleurs fort intéressant de lire le témoignage édifiant d’un ancien journaliste du quotidien Le Monde qui raconte l’envers du décor du personnage.

Macron est le quasi représentant de tout le système dominant qui s’écroule. Et, en tant que tel, il est parfaitement « taillé » pour être décrit comme « l’homme du passif », la célèbre répartie du candidat François Mitterrand à la veille du second tour des présidentielles de 1981. Cette description s’adressait au président sortant, Valéry Giscard d’Estaing, qui reprochait à son adversaire d’être l’homme du passé et la saillie géniale de Mitterrand eut tôt fait, d’une certaine manière, de mettre fin à la carrière politique de VGE.

Des sondages qui prêtent à rire

Le système oligarchique mondial est aujourd’hui réellement en panique. Il avait prévu, à l’origine, d’installer son champion Alain Juppé aux manettes de la France, certain qu’il passerait sans encombres l’épreuve de la primaire de droite et du centre, tous les sondages le donnaient largement vainqueur. Mais la réalité a rattrapé la fiction. Il se retrouve obligé de tout miser sur un candidat venu de nulle part, sans expérience politique, sans charisme, mauvais communiquant. Les mêmes instituts de sondage fantaisistes donnant vainqueurs Juppé à droite, Valls à gauche, Clinton aux États Unis, le Brexit laminé, Renzi consacré, donnent aujourd’hui Macron favori au second tour. Un second tour qu’il ne pourra très probablement jamais atteindre car nul ne peut croire qu’en l’espace de si peu de temps un quasi inconnu puisse convaincre la majorité d’un peuple qui a une vraie culture politique !

Fillon éreinté2A vrai dire, les seuls sondages fiables sont ceux des services de renseignement accessibles uniquement à une minorité. Et ceux-là renseignent très certainement que Fillon est toujours redoutable sans cela il serait incompréhensible qu’il soit toujours autant attaqué par des média serviles qui vont toujours dans le sens de la volonté du système.  Il ne reste plus pour les tenants d’un monde asservi qu’à instrumentaliser jusqu’aux institutions pour « tuer » les adversaires de leur projet de domination.

Par ailleurs, le système considérant encore que Le Pen n’a quasiment aucune chance au second tour, on évoquera le fameux « plafond de verre » pour l’expliquer, il réserve provisoirement ses plus violentes attaques, principalement, au candidat Fillon pour ouvrir un boulevard, suppose-t-il, à son « élu », même si dans l’ensemble la caste politique reconnait ouvertement la forte possibilité d’une élection frontiste.

Or, plus l’échéance se rapproche, plus la candidature Macron aura du mal à résister à l’épreuve de vérité, plus la thèse d’une élection Le Pen devrait s’imposer dans les esprits selon la règle de la dynamique du mouvement de l’histoire par son effet domino. Les guerres se gagnent et se perdent selon des dynamiques positives entrainantes. Et ce qui est perceptible aujourd’hui c’est l’effet entrainant de la candidature Le Pen qui incarne, quoi qu’on en pense, la résistance à un ordre ancien en déconfiture et la contestation la plus forte du système de domination mondialiste qui a éreinté la population. Marine Le Pen se présente avec une sorte de virginité politique du fait d’une diabolisation jamais démentie depuis la naissance du mouvement politique, fondé par son père Jean-Marie Le Pen, qui a été quasi empêché de participer au destin politique de la France.

Or le destin de la France, peut-être du monde, c’est en Mai 2017 qu’il pourrait s’écrire pour tourner définitivement la page d’un cycle entamé dans les années soixante-dix. Et la route qu’il empruntera, même s’il s’accompagnera de troubles programmés, pourrait être symboliquement celui du « boulevard » Marine  Le Pen…

M.C.B.

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