La terrible impasse des instituts de sondage !

La société moderne s’est accaparée de la science pour en faire la philosophie du bonheur. Elle en a produit une idéologie, le scientisme. Tout cela est censé apporter la solution aux questions des humains. C’est ainsi qu’a été introduit dans toutes les strates des activités humaines ce qui apparait comme émanant de l’esprit scientifique. Tout est alors « pesé », mesuré, apprécié selon des critères et calculs scientifiques, dit-on. Et, bien entendu, cela ne laisse place à, quasiment, aucun doute. Et c’est ainsi qu’on en est arrivé à faire du sondage une sorte de totem devant lequel on s’incline, c’est lui qui nous dit la vérité, toute la vérité !

Chaque veille de consultation politique, les « instituteurs » sondagiers viennent faire la leçon à ceux qui n’y comprennent rien. Ils sont comme leurs compères « économistes » qui ont tout faux depuis des lustres mais viennent quand même plastronner dans les studios pour délivrer leur « science infuse ». Sauf qu’au bout d’un moment ils sont même soupçonnés de servir une soupe « frelatée ». Ainsi, nous apprenons, par exemple, que des sondages « secrets », à la veille des présidentielles françaises de 2017, auraient été menés par les services de la DGSI (ex-DCRI, ex-RG et DST réunis) qui donnent des résultats totalement différents de ceux qui intoxiquent l’opinion française et internationale.

Vrai ou faux, ils correspondraient plus logiquement à l’état de l’opinion française qui n’en peut plus de la gauche socialiste. Cela donnerait, selon ces sondages, Marine Le Pen à 31% d’intention de vote au premier tour, Fillon à 21% , Macron à seulement 13% , Mélenchon à 10 % et Hamon à 8%. Soit, pour toute la gauche, un résultat conforme de l’état de l’opinion (31% d’intention de vote pour toute la gauche), au terme d’un mandat présidentiel jugé calamiteux par l’écrasante majorité de la population française.

Et cela pourrait peut-être expliquer pourquoi un homme, que l’on dit à terre, est toujours autant attaqué par les média lorsque les mêmes média savent autres choses sur d’autres candidats sans piper mot….


Macron à 26% et la gauche à 51%, pourquoi peut-on en douter?

Les sondages sont une méthode visant à sonder l’opinion d’une population représentative à partir d’un échantillon de population auquel une question est posée. Les résultats sont calculés en pourcentage et permettent d’en tirer quelque conclusion. En fonction de la question toutefois dépend souvent la réponse, causalité génératrice d’une distorsion de l’information et donc d’une mauvaise interprétation qui enlève parfois aux sondages leur pertinence.

Après l’incapacité des instituts de sondage à prévoir tant l’élection de Donald Trump que le Brexit – deux faits majeurs prévus par Cyceon à partir de données fiables et surtout grâce à une analyse objective – nombreux sont ceux qui doutent désormais des sondages. Difficiles à manipuler stricto sensu sauf dans le cas d’une modification a posteriori des données comme des résultats, les sondages peuvent en effet « construire » un consensus autour d’un ou plusieurs candidats, suscitant l’idée diffuse chez l’électeur que son choix s’y résume.

L’internet et les réseaux sociaux ont remis en question un tel postulat au point que l’opinion semble être devenue presque illisible pour la plupart des sondeurs. Tandis que les sondeurs donnaient Alain Juppé vainqueur de la primaire de la droite et du centre, une analyse quantitative et des déterminants de l’opinion publique permettaient pourtant d’identifier le passage de François Fillon de challenger en favori.

Alors que les données générées par les électeurs notamment sur les réseaux sociaux indiquent une France majoritairement de droite, un sondage Ifop-Fiducial pour Paris Match, CNews et Sud Radio le 8 mars 2017 donnent à Emmanuel Macron 24,5% des intentions de vote, Benoît Hamon 13,5% et Jean-Luc Mélenchon 11,5%, soit un total pour la gauche de 49,5%. Un autre sondage Harris Interactive pour France Télévisions le 9 mars 2017 donnent à Emmanuel Macron 26% des intentions de vote, Benoît Hamon 13% et Jean-Luc Mélenchon 12%, soit un total pour la gauche de 51%.

La moitié des Français serait donc prête à voter à gauche, après un bilan si lourd que le président socialiste François Hollande ne brigue pas un second mandat. L’écart entre les sondages et l’état général de l’opinion publique française est étonnant et pose la question d’une possible volonté de construire artificiellement un consensus à force de sondages répétitifs, conférant progressivement au candidat mainstream le statut de favori.

Charles Rault est analyste et fondateur de Cyceon. « Vétéran de l’analyse de l’information » selon l’hebdomadaire américain Newsweek, il anime le blog Politique et Géopolitique.

Source : Macron à 26% et la gauche à 51%, pourquoi peut-on en douter?

Publicités