Monastir, à l’hôtel de tous les cauchemars!

Voilà, c’est fait. Tout est préparé, il ne nous reste plus qu’à entamer notre long périple jusqu’en Tunisie. Ce voyage, je l’ai préparé minutieusement. Je voulais que ma femme puisse apprécier un pays que j’aime. J’y avais déjà fait un tour quelques années plus tôt. J’y avais fait quelques rencontres délicieuses. Des gens charmants qui avaient su me faire aimer la verte Tunisie. C’est ainsi que l’on appelle ce pays à la douceur du jasmin.

Notre destination est Monastir. Ville natale du père de la Tunisie moderne, Habib Bourguiba. Celui qui a laissé une empreinte indélébile dans le cœur et la conscience des tunisiens. Et c’est dans un état d’esprit plutôt joyeux et festif que nous embarquons depuis la banlieue d’Alger, à Bab Ezzouar, dans un luxueux autocar pour rouler toute la nuit. Direction la frontière !

Et après une nuit plutôt calme, nous voilà à quelques mètres des petites constructions qui indiquent que nous avons fait l’essentiel du trajet. La frontière algéro-tunisienne nous fait face. Mais quelle désagréable surprise ! Un paysage envahi de détritus nous accueille. Et, pendant six heures, sous un soleil de plomb, nous aurons à supporter cette saleté qui semble ne déranger personne !!!

Nous avons finalement traversé la frontière exténués, vidés, asséchés ! Puis, soulagés, nous voilà presque à hurler « enfin ! » Nous sommes en territoire tunisien. Mais notre joie sera de courte durée. Le plaisir d’avoir vaincu l’adversité par notre patience sera plombé quelques kilomètres plus tard. Une panne mécanique « nous visse » littéralement dès l’entrée en Tunisie. Et cela nous vaudra sept longues heures supplémentaires d’attente.

IMG_20170823_161352C’est le temps qu’il nous faudra encore supporter avant d’accueillir le transport capable de nous emmener à notre destination. Et toujours ce soleil de plomb qui nous abrutit. Le car arrive enfin ! Il vient de Hammamet pour nous conduire à cet hôtel tant désiré appelé Bravo. Nous y arrivons complètement « éteints » aux environs de 23h.

Cauchemar à l’hôtel Bravo

C’est un complexe hôtelier qui nous fait face. Cette nouvelle « race » d’hôtels pour qui le tourisme industriel est la pratique. Cette nouvelle forme de tourisme de masse qui fait rarement le bonheur de ceux qui recherchent dans le tourisme l’aventure humaine et culturelle. Exténués et affamés nous arrivons enfin à notre lieu de résidence où nous serons privés de dîner. Le réceptionniste fera bien l’effort de nous promettre des sandwichs, mais nous n’en « verrons jamais la couleur. »

Le bonheur de voir la fin de notre calvaire est hélas de courte durée !

Cette première nuit nous la passerons le ventre creux, criant famine. Pourtant, tous nos repas avaient bien été payés rubis sur l’ongle. Décidément, les trois étoiles que l’établissement arbore fièrement, visibles dès que nous débarquons du car, il est bien IMG_20170823_161506loin de les mériter. Le package pour lequel nous avions initialement opté était prévu pour Monastir centre mais la veille de notre départ nous apprenions que nos réservations étaient annulées au profit de clients anglais.

Après cette déconvenue, nous récupérons nos nouvelles chambres situées au rez-de-chaussée de l’hôtel Bravo dans la zone touristique Skanes de Monastir. L’espace est obscur et vétuste. Dès le premier abord, nous sommes envahis par une odeur de moisissure qu’il faut supporter le ventre creux. Cela provoque d’affreuses nausées que nous devions supporter.

Ces chambres terriblement non accueillantes donnent directement sur l’extérieur. Elles sont vraiment loin de nous apporter la sérénité qui nous fait tant défaut en ces heures de solitude partagée. Aucune sécurité n’est prévue. Nous pourrions être égorgés que personne ne s’en rendrait compte.

Nous apprenons qu’il existe des chambres de qualité disponibles. Mais elles ne sont pas pour nous. Elles sont réservées aux clients européens. Quelle détestable impression de se IMG_20170823_161526sentir faire partie d’un deuxième collège ! Quelle attitude étrange de la part de l’hôtelier qui nous a servi du « mon frère algérien » avant de nous caser loin du regard des touristes qu’il agrée.

La fraternité est ainsi « faite » ! Le frère passera toujours après l’étranger… L’hôtelier tunisien a probablement oublié qu’après les attentats du Bardo ce furent les compatriotes de notre infortune qui furent les premiers, par solidarité, à venir en masse en vacances en Tunisie. Qu’il est bien loin le temps des promesses…

Autre surprise désagréable, la restauration très bas de gamme. Et dire qu’il s’agit d’un hôtel trois étoiles. A croire qu’elles furent trouvées dans une pochette surprise ! Enfin, pour couronner le tout, nous apprenons qu’une dizaine de vols spectaculaires ont ciblé exclusivement les touristes Algériens dans cet établissement. Et, malgré des dépôts de plaintes et l’identification des auteurs des délits, le personnel de l’hôtel lui-même, le directeur se défilera.

IMG_20170823_161651Et que dira-t-il ? Tout simplement que l’hôtel n’en est pas responsable !!! On croirait rêver. Ou plutôt, c’est un cauchemar qui ne veut pas prendre fin ! Pour ce qui est des excuses, il faudra repasser. Les malheureux clients n’ont qu’à se débrouiller. Dans d’autres hôtels on se serait très probablement fait tout petit et, tout en s’excusant, au moins fait un geste commercial pour tous les préjudices causés à la clientèle. Mais là, pas du tout ? Ce sont juste des « frères algériens ! »

Ainsi, le personnel est totalement responsable des méfaits mais l’hôtel n’est pas coupable. Il faut se réveiller ! C’est un cauchemar cet hôtel « pas Bravo » du tout…

Saïd B. et L.E.D (photos Saïd B.)

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