Archives pour la catégorie Histoires algériennes

Je suis un vrai patriote

J’aime mon pays. Ses odeurs, son climat, son espace, son ciel, ses montagnes, son désert.

J’aime mon pays, ses villes, ses villages, ses douars, ses fleuves, ses ruisseaux. D’un bout à l‘autre du moindre centimètre carré, mon pays me prend aux tripes.

Je devrais continuer à dire, j’aime aussi ses habitants pour dépeindre le tableau complet du monde des « bisounours », mais je ne le dirai pas, je paraitrai tellement suspect. Lire la suite Je suis un vrai patriote

Ta prose m’a tuer*

Il est des diarrhées comme il est des logorrhées, une fuite ininterrompue de déchets au son glauque et à l’utilité maladive. Il est également du verbe rabâché, des nuisances sonores que la raison ne peut décrypter. Nous en sommes là à essayer de comprendre un langage ressemblant à s’y méprendre au rideau dont se drape notre intimité quotidienne. Le percer, c’est percer bien des secrets, le plus souvent inavoués.

Il en est ainsi des rumeurs que notre passion veut rendre concrètes. Lâchées, elles se baladent au gré de la niaiserie de quelques gogos fantasmant leur connaissance de secrets des dieux. Ou alors reprises en chœur par le bon peuple souvent « travaillé » par quelques experts bateleurs de mots aux « maux » charmeurs, bonimenteurs des étals de souk. Vague est le langage, troubles sont les raisons.

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Une femme admirable

J’étais tout môme et la voyais se pencher sur mon berceau, me prendre dans ses bras et me dorloter.

J’étais enfant et je la voyais passer son bras autour de ma taille et me serrer si fort que j’en étouffais presque.

J’étais adolescent, elle m’embrassait tendrement, allait et venait, souriait et s’inquiétait, riait aux larmes et pleurait à se fendre les yeux. Mon confort était son remède. Lire la suite Une femme admirable

Le bal des impuissants

Je peux, tu peux, il ou elle peut… J’aime conjuguer ce verbe, j’ai de l’aisance avec l’indicatif. Mais qu’ont-ils mes amis à ne pas savoir de ce verbe que son infinitif ? Je le trouve toujours indéfini dans leur bouche. Cela en devient énervant !

Il parait que cela convient à la langue commune, celle que tous les petits esprits peuvent comprendre, car mes amis, eux, savent ce qu’ils disent. Ils ont toute la science qu’il faut pour en emprunter les éléments idoines. Faut dire qu’ils sont très intelligents et plus futés que de raison. Lire la suite Le bal des impuissants

Jamais content !

Ma femme exagère. Elle n’arrête pas de me harceler. Elle s’arrange toujours, au moment même où je pose mon séant pour laisser mon corps avachi reprendre ses forces, pour me demander mille et une choses.

« Va acheter ceci ! Répare cela ! Va voir untel ! Apporte-moi telle chose ! Déplace telle autre ! »

Grand Dieu ! Elle finira par avoir ma peau la bougresse. Je me défends comme je peux. Lire la suite Jamais content !

Je suis malade mais je me soigne

Mon voisin Mohamed m’inquiète. Je n’ai plus de ses nouvelles. Et depuis quelques jours c’est le blackout dans le quartier.

L’inquiétude me paralyse. Quoi faire pour me rassurer ?

Il parait qu’il va mal, c’est ce que me disait un autre de ses voisins. Nous sommes allés voir un troisième voisin qui s’inquiétait de ce qui se disait. Lire la suite Je suis malade mais je me soigne

Mais où est donc le directeur ?

Le lycée où va ma nièce est en haut de la rue Bobillot, en plein centre d’Alger.

Plusieurs après-midis j’ai essayé de lui faire la surprise en allant l’attendre à la sortie. Mais je rentrais systématiquement bredouille, honteux et confus de ne trouver personne à surprendre.

Au bout d’un moment, n’en pouvant plus, je me fâche en lui reprochant de me faire une blague de mauvais goût. Lire la suite Mais où est donc le directeur ?