Ta prose m’a tuer*

Il est des diarrhées comme il est des logorrhées, une fuite ininterrompue de déchets au son glauque et à l’utilité maladive. Il est également du verbe rabâché, des nuisances sonores que la raison ne peut décrypter. Nous en sommes là à essayer de comprendre un langage ressemblant à s’y méprendre au rideau dont se drape notre intimité quotidienne. Le percer, c’est percer bien des secrets, le plus souvent inavoués.

Il en est ainsi des rumeurs que notre passion veut rendre concrètes. Lâchées, elles se baladent au gré de la niaiserie de quelques gogos fantasmant leur connaissance de secrets des dieux. Ou alors reprises en chœur par le bon peuple souvent « travaillé » par quelques experts bateleurs de mots aux « maux » charmeurs, bonimenteurs des étals de souk. Vague est le langage, troubles sont les raisons.

Garder raison résonne comme un « tintinnement » de clochettes par une journée de tempête hurlant la mort. Mort de la sagesse, mort de la raison, mort de la lutte pour l’honneur et la dignité. Mort des vraies batailles pour la vie. La vie de milliers de sans voix, et de ceux perdus sans voie.

Rappelle-toi l’ami du temps où tu rampais. Ensemble nous pataugions dans la boue. L’odeur qui en sortait ! Cette fange que l’odeur aujourd’hui indispose tes naseaux. Il est bien loin le temps, ce temps où il te restait quelque amour propre pour ne point prétendre ce que tu n’étais pas. Tu passais alors ton temps à te vendre au plus offrant, rasant les murs de honte.

Algérie DSC01737Elle est « belle » ta prose l’ami, et parfaite. Elle me rappelle celle qui tue l’intelligence, enrobée dans une indigeste saillie de mots aussi creux que vagues. Des termes qui, à terme, bientôt, n’auront plus de sens que tes sens bien morts. Vagues envolées lyriques parfaites pour endormir le super démocrate, LSD pour les intimes, sniffant sa dose de comptines. Complaintes voraces à tes crocs acérés

Dors vieux frère, dors bien sur ton matelas, telle baudruche pompée au vent.

Toi le petit soldat de la machine à sous, toujours au garde à vous, à la double comptabilité de mots en espèces ; ne provoque pas la tempête, elle t’emportera et nous emportera tous au gré des incertitudes qui nous entourent. Il te faudrait ne pas craindre éventer les quelques soupçons qui pèsent sur tes secrets. Protège ta cagnotte, compte tes sous, recompte les avant que ne les emporte ta voracité. Car l’heure est à la bataille pour la patrie, pas pour la fratrie des sans culots.

LED

*Référence à la célèbre affaire en France dont fut victime le jardinier marocain Omar Raddad défendu par Maitre Vergès

Publicités