Russie-Algérie, alliance stratégique de poids ?

L’expérience que vivent actuellement syriens et irakiens a été vécue par l’Algérie dans une version plus complexe de la tentative de la faire basculer d’un pays souverain, plutôt maitre de son destin, à un pays suiviste de l’alliance atlantique. A l’issue de dix ans de violence, ce que l’on appelle en Algérie la décennie rouge, des années quatre-vingt dix, et des négociations secrètes et tortueuses dans un océan de drames, le pays a réussi à traverser les turbulences de l’interventionnisme atlanto-sioniste.

Par M.C.BELAMINE

Laissée seule dans son drame humain, l’Algérie a réussi à puiser dans le génie de son peuple le moyen de réconcilier les siens en faisant preuve de grandeur d’âme pour une partie d’entre eux. Il n’existe pas d’accord parfait dès qu’il s’agit de drame humain, mais l’avènement de l’actuel président algérien, Abdelaziz Bouteflika, à la tête du pays depuis 1999, a réussi à ramener un peu de sérénité malgré beaucoup de frustration. Il a fallu surmonter le choc psychologique que la terreur instille dans la société, il a fallu réapprendre à vivre ensemble, à se faire confiance, à discuter et à débattre ensemble. Il a fallu surtout réussir à tourner la page !

Cette expérience vécue dans la douleur par l’ensemble des algériens aura été de celles qui immunisent pour longtemps. Ainsi, toutes les tentatives répétées depuis 2011 de faire replonger l’Algérie dans le chaos sont restées vaines, avec la vague des « printemps » de terreur qui ont mis à bas toutes les sociétés arabes qui restaient politiquement plutôt souveraines, malheureusement victimes de l’euphorie de populations non conscientes des manipulations à grande échelle téléguidées depuis les capitales très démocratiques du monde dit « libre ». C’est ainsi que l’on découvrit après coup une armée de blogueurs formés par des agences dépendant quasi entièrement de la CIA ainsi que quelques leaders « politiques » avec des agendas fournis ailleurs.

C’est probablement l’expérience douloureuse qu’a vécue la société algérienne qui en fit une société immune à ce type de « tripatouillages » digne des pires romans d’espionnage. Mais une nation, ou un pays, ne peut pas uniquement compter sur la vigilance de ses citoyens ou sur la paix retrouvée. Le pays a besoin d’une armée homogène, expérimentée et puissante qui a fait ses preuves. Il a également besoin de services de sécurité et de renseignement très performants qui puissent le prémunir contre les pires coups tordus. L’Algérie est devenue cela, obligée de renforcer ses capacités défensives tout en restant sur ses gardes. Se barricadant presque au point de faire de sa sécurité la priorité des priorités.

Mais le pays fait tout doucement sa mue. Qui aurait pu croire le moindre instant qu’un jour en Algérie des généraux tout puissants, longtemps intouchables, se verraient mettre derrière les barreaux ? Pour la société qui reste dubitative et ne jure que par des règlements de compte entre puissants, ce fait est vécu presque comme un épiphénomène. Pourtant, selon des critères objectifs d’analyse, au-delà d’un règlement de compte hypothétique, il s’agit bien là du basculement historique d’une société qui réintroduit des normes dans la conduite de ses affaires tout en abattant définitivement un mur psychologique qui la confinait dans des pratiques du fait du prince.

Et c’est très probablement la confiance retrouvée en un partenaire de poids en Afrique du Nord, retrouvant foi en soi et en ses capacités, qui a amené la Russie à miser, dans sa géopolitique mondiale, sur un partenaire redevenu très fiable. L’Algérie, toujours aussi jalouse de son indépendance et de sa souveraineté, trace son chemin vers une puissance d’action retrouvée. D’autant que sa diplomatie très équilibrée et performante reste un de ses meilleurs atouts. L’évolution des rapports de force dans la région et dans le Monde redonne du poids et du crédit à un pays quasi marginalisée dans les années quatre-vingt-dix pour en faire la très probable future plaque tournante dans la partie nord de l’Afrique dans les années à venir et l’une des puissances sur lesquelles compter au sud de la Méditerranée et dans le Monde Arabe.

M.C.B.

Le Su34 officiellement commandé par l’Algérie

L’année 2016 démarre sur les chapeaux de roues pour l’armée de l’air algérienne qui vient de conclure sa première commande du bombardier tactique Sukhoi 32, la version export du Sukhoi 34 qui fait actuellement parler de lui en Syrie.

L’Algérie deviendra à la même occasion le premier opérateur de cet appareil après la Russie.

Après plusieurs déclarations d’officiels russes et l’annonce du déblocage des négociations en fin d’année c’est hier que la presse spécialisée a commencé à annoncer qu’une commande ferme avait été introduite par l’Algérie.

Aujourd’hui c’est le site Defensenews qui donne plus de précisions. Selon ce média électronique, l’Algérie aurait placée une commande de 12 appareils à Novosibiersk Aircraft Production.

En réalité Secretdifa3 a été le premier à parler de ce contrat et ce dès le début des négociations, en 2011. A cette époque les russes avaient proposé à l’Algérie un prototype théorique qu’est le Su32 basé sur un appareil qui n’était pas encore entré en exploitation par les forces aériennes russes. Bien qu’intéressés par un remplacement du Su24 les algériens ont, semble-il, été échaudés par l’expérience de premier acheteur du Yak 130 qui avait connu quelques déboires à son lancement. Ensuite, ce fut une véritable guerre des clans qui a gelée les négociations. Certaines parties au sein de l’armée attendaient un signal politique favorable à l’acquisition d’appareils occidentaux au vu des différents agendas diplomatiques du pays.

C’est finalement l’opération militaire en Syrie et la crise financière qui pointe à l’horizon qui ont finis par réunir les différents preneurs de décisions au tour de la nécessité de revenir au plan de modernisation élaboré en 2010 et qui préconisait un retour au standards des années 80 pour l’armée de l’air algérienne qui tournait au tour des 300 appareils de guerre. Et de standardiser le parc aérien en privilégiant un pays fournisseur, voir un seul constructeur.su 34

En fait la commande additionnelle de 28 Su30 en 2014 avait signée le redémarrage du programme de modernisation de l’armée de l’air.

Concernant le Su 32, l’Algérie serait intéressée par différentes versions de l’appareil, principalement le bombardier, mais aussi la version reconnaissance et guerre électronique.

Nos sources évoquent un total de 40 appareils commandés et livrables à l’horizon 2022, dont une majorité de bombardiers.

Le contrat initial pour la douzaine de Su 32 tournera au tour d’un demi milliard de dollars US.

Avec cette commande l’Algérie se dote d’un appareil ayant un rayon d’action de 4000 Km et pouvant larguer une vingtaine de tonnes de bombes et missiles intelligents, à très haute précision et à longue portée. Conçu sur la base du Flanker, ce bombardier a tout du chasseur et dispose d’énormes capacités d’autoprotection, ce qui optimise grandement son emploi au sein de l’armée de l’air.

Source : Le Su34 officiellement commandé par l’Algérie – Secret Difa3

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